[Quête mineure] L'Écaflip Rose

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[Quête mineure] L'Écaflip Rose

Message par Kalirr le 05.07.18 1:46

• L'Écaflip Rose •


Avait-on déjà vu Kalirr plus guilleret et enjoué ? Il était fort probable que non. Il entra en cette fin d’après-midi dans la grande salle du Lépreux Chauve débordant de joie et de rires. En cette chaude saison, il portait des vêtements légers en lin et un dossier en cuir sous le bras. Il s’arrêta face à Nororo, seule âme vivante du lieu.
 
« Tout seul ? lança le Valet de Trèfle.
– Oui ! répondit l’autre.
– Hum... Dommage, j'espérai... plus de monde. M’enfin, ça fera l'affaire ! Ahahah !
– Pourquoi donc ?
– J'ai... un p'tit service à te demander. Il nous faut agir vite ! Gardons le tempo, c'est important ! Le rythme, le rythme ! Alors tout est dans le dossier. On se sépare pour plus d'efficacité. Je me rends chez le Duc Lombarre ! Il nous faut les partitions ! Les partitions ! »
 
Puis, tout en lançant le dossier à l’agent du Carreau, Kalirr parti à grande vitesse dans les rues d’Astrub. Nororo se trouva seul à lire le maigre document.
 
DOSSIER:
 
Il décida de se rendre en premier lieu chez la comtesse de Vries et parti donc pour l’ouest. Après quelques temps à marcher en forêt, il se dit que la dame ne devait pas habiter si loin de la ville et rebroussa chemin. De retour dans les faubourgs, il s’arrêta devant plusieurs maisons avant de trouver la bonne. Une petite mélodie s’échappait de l’une des fenêtres de la demeure et venait résonner dans la rue calme et vide. Nororo décida, donc, d’attaquer la porte de l’habitation à coup d’épée après s’être recouvert la tête d'un masque. Ses efforts eurent pour résultat d’attirer l’attention du maître d’hôtel qui vint ouvrir.
 
« Vous êtes ?
– Je viens livrer une caisse de rougely.
 – Oh... bien. Pourquoi ce masque ? Et où est votre chargement ?
– Le masque c'est pour le style. Mon chargement est avec mon acolyte ! Je dois voir la comtesse
– Euh... eh bien non. La comtesse désire voir ses rougely, pas vous. Nous les attendrons, donc.
– T'es chiant. »
 
A peine avait-il articulé ses dernières paroles que la porte se claqua violemment sur lui. Notre Écaflip prit, alors, la direction d’une confiserie pour acheter une petite boîte de bonbons rouges. Il revint ensuite tambouriner quelques longues minutes à la porte qui s’ouvrit à nouveau sur le majordome.
 
« Mais à la fin vous m'ennuyez !
– Excusez mon comportement de tout à l'heure !
– Fichez le camp !
–  J'ai la caisse.
– Hum... Z'êtes gonflé. Mais bon... Madame attend ses rougelys...
– Je peux rencontrer la comtesse s'il vous plaît ?
– Retirez-moi ce masque. Ça fait voyou, la comtesse n'aime pas ça. Entrez. Et pas d'entourloupe !
– Ne vous inquiétez pas ! »
 
Le valeureux homme de maison conduisit le Doigt à travers quelques couloirs magnifiquement décorés et le laissa entrer seul dans une vaste et lumineuse pièce. Elle était emplie de différent parfum de fleurs et d’une mélodie jouée au piano par une femme d’âge mûr.
 
 
Elle termina son morceau puis se tourna vers Nororo troquant ses friandises contre une bourse. Alors qu’elle allait le congédier, son "invité" engagea la conversation sur la musique et les pianos. Ne pouvant refuser de pouvoir enfin parler de sa passion avec quelqu’un, ils discutèrent un peu. Après quoi, elle lui présenta son propre instrument. Un Mancini original comme en atteste la griffe sur le côté et sous elle, quelques notes gravées sur une portée. Nororo pensa que c’est de cette partition dont parlait Kalirr, aussi s’empara-t-il d’un parchemin vierge et d’un fusain pour la recopier. Cela fait, il prit congé de la dame.
 
Il fila ensuite vers le sud et arriva dans le cimetière. Après s’être perdu et avoir erré quelques temps dans ce lieu maudit, la chance sourit à l’Écaflip. Suivant un chacha de passage, il tomba face à l’entrée qu’il cherchait entre les deux pots de fleurs. Une grille l’empêchait, cependant, d’accéder à l’endroit. L’homme du Carreau dégaina son épée en vu d’occire la barrière de métal mais à peine l’eut-il touché que cette dernière pivota sur ses gonds et libéra le passage. Il put ainsi poursuivre sa route, descendre un petit escalier et arriver sous terre.
 
On entendait d’abord de l’eau couler. Puis, une odeur de champignons, une sensation d’humidité sur les parois en pierre du tunnel. Finalement, Nororo arriva face à un ponton qui enjambait un lac souterrain. Un panneau indiquait « La Cluche Pelcée ».
 
 
Avançant pas à pas, l’agent de la Main entendait maintenant une mélodie qui provenait d’un piano sur lequel était penché un Lenald. Arrêtant sa musique, le maître des lieux salua son client. Il fut coupé bien vite par une question aussi précise que directe.
 
« Je cherche des Mancini donc si on pouvait faire vite...
– Mancini ? Et poulquoi dont ?
– Tu connais ?
– J'ai moi-même un Mancini ! Un des tout plemiel ! Ça met une bonne ambiance dans les soilées !
– Je peux le voir ? »
 
A ces mots, le tenancier roux se décala de quelques pas révélant le piano derrière lui.  Nororo s’en approcha, et constata les mêmes gravures que précédemment – bien que les notes ne fussent plus à la même place. Il recopia à nouveau ce qu’il voyait là. Finalement, satisfaisant sa curiosité sur l’architecture d’un tel lieu, il retourna dans le centre-ville d’Astrub.
 
Là-bas, demandant à des passants, il se fit indiquer le chemin de la boutique d’Eddy Lettante. Il pénétra ainsi dans le magasin, se laissant bercer par un air, joué au piano par le propriétaire des lieux.
 
 
Demandant à voir un Mancini, Nororo s’en fit présenter un – le seul en boutique. Il procéda à nouveau au rituel en recopiant la partition et… fit l’acquisition de l’objet pour trente-mille kamas. Ainsi, le lendemain, ce piano d’exception fut livré chez lui.
 
Les emplettes terminées, il fila vers la Scène du Duc, salle de musique et de concerts dont le propriétaire était le fameux Duc Lombarre. Il trouva la porte du lieu ouverte. Il y pénétra, suivant une mélodie qui flottait dans les airs ainsi que des rires qu’il reconnaissait. Au piano, Kalirr qui n’avait visiblement rien perdu de son allégresse. Il jouait quelques notes sur un autre Mancini de toute beauté. Nororo, ne posant pas trop de question, recopia la partition gravée sur le côté. Puis, achevant sa musique, Kalirr le conduisit ailleurs.

 
Reprenant le chemin du Lépreux Chauve, ils s’arrêtèrent devant le bâtiment d’à côté. Le Valet de Trèfle en avait récemment visité les lieux après s’être débarrassé de quelques gêneurs. Dans cet établissement – appartenant à un certain monsieur Chat – se trouvait un piano. Gravé, sur le côté, du nom de Mancini et d’une portée musicale dépourvue de notes. Kalirr demanda à Nororo de jouer le morceau qu’il avait reconstitué. Et c’est ce qu’il fit.

Mais, au moment où le musicien pressa la dernière note, un mécanisme se mit en marche dans l’instrument et une trappe s’ouvrit sur le côté. L’agent du Trèfle bondit dessus comme un Mufafah sur sa proie et plongea son bras dans les entrailles de la bête. Il en ressortit, quelques secondes plus tard, un imposant diamant rose tout en s’écriant : « L'Ecaflip Rose ! »
 

Peu de temps après, les deux compères se quittèrent sur une remarque du Carreau : « Sinon on pouvait détruire le piano... ».


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