[Quête mineure] Appâtisserie

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[Quête mineure] Appâtisserie

Message par Arlène Kwinzel le 01.03.18 22:23

• APPÂTISSERIE •


La salle du Lépreux Chauve résonnait de l’hilarité franche d’Arlène Kwinzel et des soupirs exaspérés de Scriabine. La Dame de Coeur supporterait-elle un jour les élucubrations du Valet de Pique ? Le temps seul le dirait, mais le doute subsistait.

Celle qui gloussait racontait comment elle avait entendu dire qu’une grande bâtisse, sise au nord de la cité d’Astrub, était le lieu d’apparitions étranges et tonitruantes lorsqu’on y préparait des gâteaux odorants. Arguant que la présence de spectres ferait du tort à la notoriété grandissante du tenancier fantômatique du point de chute de la Main du Valet Noir, l’acrobate du Pique parvint, par l’absurde, à ranger ses interlocuteurs, devenus nombreux, à son avis.

Il y avait là une Eliotrope nommée Katrace, un Ecaflip aux allures de Marchombre, une étrangère à l’accent inoubliable, mais aussi Do le Pandawa, Instylena le Six de Trèfle, et Emyn Muil le Roi de Coeur.

Ayant convaincu tout ce petit monde du bien-fondé de la préparation d’une « appâtisserie », le Valet de Pique laissa ses interlocuteurs dresser la liste des ingrédients nécessaires à la création dudit appât à apparitions tumultueuses.

L’assemblée finit par opter, à force d’argumentations, pour la réalisation d’un gâteau « bananagrume-chocolat ».

Le cacao serait celui de Stayfun Bonnawa, un maître chocolatier Pandawa, ancienne connaissance d’Emyn Muil, car, plutôt que de se fournir au marché d’Astrub, les apprentis « appâtissiers » avaient convenu de n’utiliser que des ingrédients de première fraîcheur. Aussi mirent-ils le cap sur l’île de la Grande Ourse Qui Mousse.

Emyn retrouva le maître chocolatier et la Main se procura auprès de ce dernier une livre d’un chocolat noir à l’amertume prononcée.

Ne perdant pas un instant, les acheteurs, loin d’être compulsifs, se rendirent à proximité des aires des Bwaks. La Main ne regardait pas à la dépense en matière d’utilisation des portails Zaap. C’est à proximité de l’un d’entre eux, non loin d’une falaise escarpée, qu’ils retrouvèrent Arlène, l’Ecaflip et la drôle d’étrangère. La première s’était perdue en voulant suivre l’escouade sur Pandala et les deux autres avaient préféré se rendre directement dans les montagnes, afin de gagner du temps.

Après quelques accidents d’escalade et de désescalade, les membres du petit groupe furent enfin réunis et purent s’attaquer aux occupants des cieux. Des nids, ça, il y en avait ! Mais encore fallait-il en trouver un qui soit occupé, et par d’ovoïdes objets, si possible. Après quelques tentatives infructueuses, profitant du fait que ses camarades fassent diversion, le petit Roi de Coeur s’empara d’un œuf de fort belle taille et signala à ses comparses qu’il était temps de déguerpir.

En chemin, l’escouade fut prise à parti par un groupe de Craqueleurs en maraude et cette rencontre faillit être fatale à la candide étrangère, dont l’enthousiasme naturel n’était pas sans rappeler celui de l’Arlène.

Plus de peur que de mal, certains retournèrent vaquer à de plus urgentes préoccupations et c’est en effectifs réduits que la Main et affiliés d’un soir débarquèrent sur les plages de l’île de Moon avec comme seul objectif l’un des appétissants régimes de bananagrumes dont les indigènes étaient, selon les rumeurs, fort friands.

Munis des précieux fruits, les quelques Doigts restants se retrouvèrent au Lépreux Chauve. Il ne leur manquait plus que quelques ingrédients et objets afin de parachever leur œuvre et c’est bien aisément qu’ils mirent la Main sur de la farine, du beurre et de la levure. Sans oublier un lot de bougies destinées « à faire du gâteau un véritable gâteau car il n’y a pas de gâteau sans bougies, même s’il existe des bougies sans gâteau. »

Tout était désormais en possession des sbires du Valet Noir et c’est en direction du lieu de leurs préoccupations que leurs pas les portèrent.

Après s’être installés dans la cuisine, la préparation de l’appât fut une autre paire de manches. Mais quel intérêt que de faire partie de la Main si l’on ne cache rien dans ses manches ?

Bientôt, la cuisine embauma la bananagrume et le chocolat. Les cuisiniers du jour semblèrent entendre quelques bruits en provenance de l’étage de la maison, certains crurent même percevoir un ou deux mouvements en périphérie de leur champ de vision, mais rien de concret.


Tentant le tout pour le tout, le gâteau encore fumant fut porté en une lente et sonore procession dans chacune des pièces de la grande bâtisse.

« OH, QUEL BEAU GÂTEAU ! Criait l’une.
- ET APPÉTISSANT AVEC ÇA ! Renchérissait l’autre.
- ON EN MANGERAIT ! Jubilaient quelques-uns.
- J’EN AI L’EAU À LA BOUCHE ! » Tentaient même certains.

Mais rien. Rien de rien. Aucune apparition. Aucun remue-ménage, si ce n’était celui causé par les trublions. De spectre, ils n’assistèrent à aucune manifestation.

Les rumeurs étaient-elles infondées ? Camille, le Lépreux Chauve, n’avait-il aucun mouron à se faire, bien que ce soit un comble pour un fantôme ? Nul ne le sait.

Alors, quoi ? La Main du Valet Noir, cette organisation criminelle en était-elle réduite à partir aux quatre coins du monde pour effectuer des emplettes ? N’avait-elle pas de plus nobles ou terribles desseins à réaliser ? Pourquoi s’engageait-elle sur les pentes savonneuses sur lesquelles son Valet de Pique semblait persister à la pousser, goguenarde ?

Sans doute parce qu’elle pouvait se le permettre et parce qu’il lui fallait tenir occupé l’esprit vagabond de l’Arlène acrobate. Il faut dire que les temps étaient calmes du côté du Pique. Bien calmes. Beaucoup trop calmes… Pour être honnêtes.



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