[RP] Bienvenue chez les Bhauts

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[RP] Bienvenue chez les Bhauts

Message par Scriabine le Ven 19 Aoû - 13:47

• BIENVENUE CHEZ LES BHAUTS •


Scriabine venait de sortir de la Taverne, dont la vétusté et l’air moite commençait à l’incommoder. Ce n’était pas un endroit pour une femme de sa condition. Cela lui avait toutefois permis d’apprendre la situation problématique à laquelle la Main était désormais confrontée : les Bhauts. Cette sorte de confrérie sanglante avait investi la grande arène du Kolizéum avec pour unique objectif l’obtention des fameux galets, très prisés, peu importe les pertes encourues. Ils jouaient sur la quantité, et non la qualité. La Main s’occupant déjà de revendre quelques-uns de ces galets au marché noir, elle se voyait frappée d’un important manque à gagner. Il fallait agir, et rapidement.

La Dame de Cœur se fraya délicatement un chemin parmi la clientèle soyeuse de l’Hôtel Budavar. L’établissement demeurait un des rares lieux où les notables et les marchands fortunés avaient l’occasion de faire étape dans la cité mercenaire sans risquer de rencontrer quelques rats durant leur sommeil, ou dans leur dîner. Cette auberge luxueuse demeurait très confidentielle, avec une demi-douzaine de chambrées uniquement. Dans son passage, Scriabine reconnut quelques têtes familières, notamment le vieux comte De Gof, qui lui asséna un large sourire empreint de sous-entendus qu’elle ne préféra pas renvoyer. Arrivée au comptoir en noyer lustré, la Dame de Cœur fut reconnue par Monsieur Arthur, l’homme à tout faire de l’auberge.

— Mademoiselle Scriabine, c’est toujours un plaisir de vous revoir à l’Hôtel Budavar, votre compagnie participe à faire de ce lieu un lieu d’exception.
— Bonsoir, Arthur, vos flatteries ne m’atteignent plus depuis longtemps vous savez.
— Et je continuerai pourtant à les faire. Que puis-je faire pour vous ?
— J’aimerai vous emprunter pour une heure.
Monsieur Arthur toussota par gène, et se trémoussa dans sa tenue immaculée.
— Maintenant ?
— Oui, maintenant.
— Je vais voir si Monsieur Budavar peut me remplacer. Attendez-moi à la N°3.

Le réceptionniste décrocha l’unique clef restant disponible sur son tableau, et la déposa en douceur entre les mains fines de Scriabine, puis il s’engouffra dans un escalier en colimaçon sombre et étroit.

La Dame de Cœur s’installa dans l’unique fauteuil de la chambre N°3, et inspecta ses ongles en attendant l’arrivée de Monsieur Arthur. Ce dernier ne tarda pas à faire irruption, légèrement haletant. Sans un mot, il commença à ôter ses vêtements.

— Non, pas ce soir Arthur. Ce soir j’ai besoin de vos oreilles.
— Oh, pardonnez cette méprise. Mes oreilles entendent beaucoup de choses oui, en quoi peuvent-elles vous être utiles ?
— La clientèle de l’Hôtel compte quelques marchands de galet, non ?
— Oui c’est exact, il y en a quelques-uns.
— Vous a-t-il semblé, ces derniers temps, que ces marchands rencontraient des difficultés particulières dans leurs affaires.
— En effet, ils en ont. De nouveaux entrants sont arrivés sur le marché.
— Les Bhauts.
— Que valent mes oreilles si vous savez déjà tout !
— Je n’en sais pas assez hélas.
— Que vous faut-il ?
— Ce sont ces Bhauts qui m’intéressent, que savez-vous sur eux ? Disposent-ils d’un porte-parole, ou toute autre forme de chef ?
— Les marchands se plaignent mais ils ne peuvent lutter. Beaucoup songent à arrêter cette activité commerciale. Les Bhauts, quoi qu’ils soient, sont nombreux et sont arrivés de manière brutale. Les marchands ont engagé une action commune en concurrence déloyale au Tribunal de Commerce du Château d’Amakna, mais sans succès, les Bhauts n’enfreignent pas la Loi, ou bien les magistrats ont eu la patte bien graissée.
— Des noms pour ces marchands ?
— Le plus influent est Berengo.
— Je vois, merci. Par hasard, y aurait-il parmi la clientèle des personnes travaillant à l’Arène ?
— Pas que je sache non, désolé.
— Bien, j’en ai fini avec vos oreilles, maintenant il va falloir trouver un moyen de consommer le temps qu’il nous reste sur cette heure que je vous ai empruntée.
— Je me demande bien comment.

* * *

Le lendemain, de bonne heure, Scriabine se rend au Château d’Amakna par le biais d’une diligence en fin de vie tout à fait inconfortable. Une fois dans l’enceinte, elle se dirige vers le Tribunal, richement ornementé. Derrière les colonnes aux proportions contre nature, siège un bureau ridiculement petit, derrière lequel siège une disciple Xélor plus petite encore.

— Bonjour, madame. J’aurai besoin de…
— À la bonne heure ! Madame le temps m’est compté, faisons vite. Votre nom, votre lieu de résidence, l’objet de votre présence au Greffe.
— Scriabine, Astrub, accès à un arrêt rendu par le Tribunal de Commerce.
— Date de l’arrêt ?
— Inconnue.
— Parties en présence ?
— Association de commerçants menée par Monsieur Berengo contre les « Bhauts ».
— Nature de l’action ?
— Concurrence déloyale.
— Bien, patientez quelques instants.

Après quelques minutes, la greffière minuscule invita Scriabine à la suivre dans une petite pièce où un livret était ouvert sur une table. La disciple Xélor se retira.

« […] contre le groupement informel dénommé « Les Bhauts » représentés en ce jour par Monsieur Camille Tonbur résidant 61 rue de la petite vérole, Brâkmar […] »

— Voilà notre homme.


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