Illiwena Kahl

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Illiwena Kahl

Message par Illwn le 21.12.17 19:10

« Or me voici, moi que la Terre a mise au monde... »

Elle divague dans la forêt, effarouchée maintenant qu'elle n'a plus de refuge, plus de corps protecteur. Elle n'a plus le sens du temps, elle vit au creux de l'instant, mue par la faim, la soif, la fatigue. Elle n'est que vie encore fragile, déjà taraudée par le rude et obstiné désir de continuer à croître, elle respire avec avidité le monde qui l'entoure. Ce monde aussi attrayant, que terrifiant. Elle gémit faiblement, à bout de forces et finit par se coucher sur un lit de mousse, au pied d'un arbre immense dont les branches disparaissent derrière les nuages, tout là-haut.
Le monde lui est à la fois opaque et évident, elle ne le réfléchit plus, jamais elle ne s'étonne devant lui, elle se tient, simplement, en son sein. L'espace alentour, aussi beau soit-il par endroits, ne fait pas pour elle paysage, elle ne le contemple pas, elle pose sur lui un regard lisse, luisant de candeur. Elle le hume, elle le respire par tout son être, les yeux mi-clos. Elle l'inspire et l'expire à une juste cadence ; tel est le dialogue qu'elle entretient avec lui – un continuel et pénétrant échange de souffles.
Son haleine est chaude, elle imprègne de moiteur le silence que sans cesse elle ressasse. Son silence est écoute et manducation de la vie en elle, autour d'elle. Elle est en placide accord avec la terre, elle fait corps avec elle. La terre, la vie, sa chaire, le sang qui circule dans ses veines, c'est tout un. Elle n'est que brut et vigoureux désir de vivre qui oscille entre âpreté, effroi et volupté.
Quand elle ouvre les yeux, la nuit est tombée : froide, glaciale, opiniâtre ne lui laissant aucune chance de se rendormir et de retrouver la sérénité du sommeil qu'elle ne sait conserver à son réveil.
Se relevant prestement, elle se saisit de son arc qu'elle avait posé à ses côtés et se décida à reprendre la route, qui plus est la faim et la soif la taraudait furieusement.
Elle marche au hasard ou peut-être suit-elle un chemin qu'elle connaît bien pour l'avoir souvent emprunté.
Elle ne réfléchit pas, ses pieds la mènent ainsi que le faisait les sabots des bouftous d'un éleveur, client régulier de ses parents, au soir quand la faim, la soif, la fatigue les conduisent vers l'abreuvoir.

Elle ne s'en souvient plus mais c'est ici, il y a presque 23 ans, à peine quelque mois après sa naissance, que sa mère biologique, blessée fatalement, l'abandonna.
On était le 24 Maisiar 624, la grande rafle venait de porter un coup terrible à la Main du Valet Noir et plusieurs personnes périrent sous les coups de la garde royale , dont la mère d'Illiwena ; elle réussit néanmoins à mettre sa fille tout juste née en sécurité, loin des lieux de combats, avant de succomber à ses blessures quelques minutes plus tard.
Un couple de sculpteurs ambulant tombèrent sur elle le lendemain, alors qu'ils cherchaient à se dissimuler de monstres qui les avaient attaqués tandis qu'ils traversaient les landes de Sidimote en direction de Bonta.
Il faisait terriblement chaud, et le vent crachait des bourrasques de poussière rouge qui recouvraient entièrement le paysage alentour. Ils n'eurent pas le cœur a laissé là cette toute petite chose, enveloppée dans un simple chandail en plumes de pious brodé du doux prénom d'Illiwena.
Juste à côté du nourrisson gisait le corps sans vie d'une jeune femme arqué autour de son enfant, comme pour le protéger. D'un geste hésitant les sculpteurs ouvrirent le petit sac abandonné à côté des deux êtres et découvrirent une carte de jeu. Ils ne cherchèrent pas plus loin et l'emportèrent, ils la donnerait à l'enfant, quand elle serait en âge de comprendre, elle aurait ainsi un souvenir de sa véritable famille. Ils pensaient bien agir, ils ne pouvaient pas connaître la signification de cette carte, ce n'était qu'un couple de marchands bienveillants.
C'est ainsi que cette petite créature pu connaître une enfance douce et paisible, a sillonné le monde des Douze, bercée par le cahotement de la roulotte, coincée entre deux bâtons, un arc et trois baguettes.
Plus tard, elle reçu la bénédiction de la part de la déesse Crâ a qui elle était dévouée corps et âme et ce fut pour elle une véritable révélation.
Quinze ans après ses parents adoptifs moururent et les voyages à travers le monde des Douze s’arrêtèrent.
Suite à ça, perdue et esseulée, elle erra pendant plus de six ans dans la forêt Sombre, elle y avait construit un abri dans lequel elle habita en solitaire durant tout ce temps. Cette immersion lui fit perdre le reste d'humanité qui luisait en elle ainsi que sa sensibilité. Elle ne réfléchissait plus, ne pensait plus, elle était.
Des fois cruelle, des fois douce, des fois cauchemardesque. Elle ne faisait qu'un avec son univers qui n'était rien d'autre qu'un immense vide, un néant sans aucune limite.
Quand elle revint à la vie civile, vers la fin de l'an 645 elle vendit son art du combat, son don, dans le mercenariat pour survivre vivant de nouveau au jour le jour, sans scrupule, sans limite, sans réflexion aucune.
Deux ans passèrent ainsi paisiblement mais sa petite vie fut  de nouveau troublée par un événement particulier qui provint à Astrub : les statues des Dieux furent la cible d'attaques terroristes.
Elle revenait de son entretient avec l'agent immobilier à l’hôtel des métiers d'Astrub - elle cherchait effectivement à s'établir - quand, passant devant sa statue de classe, elle avait découvert le carnage.
Sa déesse gisait brisée au sol , au milieu d'un nid de flammes qui léchaient avidement son marbre auparavant immaculé.
Inquiète et présageant le pire,  la jeune femme décida de mener sa propre enquête : Kerubin, Fallanster, le chef de la milice, elle n'épargna personne. Malheureusement les rumeurs se succédaient inlassablement.
Certains parlaient d'une ancienne Fratrie qui serait de retour, accompagnée d'un ancien chef Roublard, d'autres accusaient de simples nostalgiques des anciennes statues mais une rumeur attira particulièrement l'attention d'Illiwena. Elle parlait de la Main du Valet Noire, une organisation secrète et criminelle.
Il existait beaucoup d'organisations de ce type et durant ses différentes missions en tant que mercenaire la jeune femme en avait côtoyé certaines mais ce nom résonnait étrangement dans son esprit. Elle axa ses recherches dessus et ne découvrit que très très peu d'informations à son sujet à part que les membres utilisaient des cartes de jeu pour se reconnaître les uns les autres. Elle repensa à la carte que ses grands parents lui avaient confié bien avant leur mort et qui appartenait à sa défunte mère.
Comme à son habitude, elle ne réfléchit pas plus, elle devait trouver la Main, c'était quitte ou double, elle pouvait se tromper mais elle pouvait aussi avoir raison et en découvrir plus sur qui elle était. Si la Main avait vraiment accueilli sa mère en son sein, elle devait le savoir, quitte à oublier l'affront fait à sa respectable déesse à Astrub.

MAJ

Illiwena a mené sa petite enquête discrète à la Taverne du Lépreux Chauve et en donnant la carte de sa mère à l'un des membres de la Main, elle découvrit dont l'existence de celle-ci et le lien que sa mère avait eu avec eux par le passé. Elle décida de les rejoindre. (Elle fait pour le moment parti des Trèfles.)
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Re: Illiwena Kahl

Message par Arlène Kwinzel le 23.12.17 15:59



Première quête initiatique validée


Son héritage maternel ayant le monopole du Coeur, Illiwena a rejoint, sans coup férir, l'Enseigne du Trèfle.

Te voici donc Trois de Trèfle. Pour l'instant...
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