Histoire d'Emyn Muil.

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Histoire d'Emyn Muil.

Message par Emyn Muil le Sam 21 Jan - 1:49

PROLOGUE : LA CHUTE D'HEOLIN.


Les cors raisonnaient fièrement contre les murs blancs de la citadelle, accueillant l'astre solaire qui se levait à l'est. Et les gens de la forteresse commençaient à s'affairer, comme chaque jour, là-haut dans les montagnes. Car là, disait-on, était sise la dernière place forte avant le désert à l'ouest, celle qui voyait la forêt des Abraknydes s'étendre au nord, les plaines de Cania s'étaler au couchant, et la province d'Amakna vivoter au levant. C'était le refuge caché dans les sommets - que l'on ne pouvait trouver sans en connaître l'accès secret - de ceux que les serments prêtés avaient conduits en exil. Là ils bâtirent de pierres blanches ce modeste château, qu'un art raffiné embellit à l'occasion de multiples travaux effectués au fil des années. Ici vivait l'ordre de chevaliers noirs que le temps ternit de gris, puis de blanc. Une race vouée à l'exil, qui élut demeure dans ces hauts lieux hostiles. Ils y cultivaient encore leur noblesse, leur savoir et leur sagesse que des siècles d'une vie âpre avaient nourri lentement. Ils se gouvernaient en frères et œuvraient aux multiples affaires qui les intéressaient, dans ce havre de paix qu'Argheimar établit au mépris du Destin.

Les orphelins d'Heolin se rappellent encore le son de la musique et des rires dans la grande halle. Le goût suave du vin et des mets qui étaient servis. Le faste et la richesse des tapisseries sur les murs, et des lustres au plafond qui éclairaient la pièce d'une chaleureuse et douce lumière lors des rudes nuits d'hiver. Mais ils se souviennent encore également de l'ombre et du feu qui, un jour, vint, car les siècles ne suffisaient pas à faire oublier ce qui avait été juré.

Alors la dernière nuit vint pour Heolin, lorsqu'un ver terrible surgit des profondeurs de la terre, et que les clans des Bworks assiégèrent à ses côtés la forteresse. Les épées furent tirées, et Emegeld Muil, fidèle à sa lignée, défendit jusqu'au dernier souffle les murs assiégés. Mais il périt, lui et ses frères, dans la dernière lutte d'une race maudite. Et tandis que la citadelle succombait aux flammes, les passages sous la montagne déglutirent de misérables, hagards, qui retrouvèrent subitement la dure condition d'errance et d'abandon de ceux qui les avaient, il y a longtemps, précédés.


De ceux-ci était Ilwyn Muil, désormais veuve, qui conduisait son jeune fils Emyn loin du désastre. Et les voici, en maigre compagnie, jettés aux bords des routes cruelles, rejoignant ceux qui communiaient dans la misère du genre humain. Chacun pleurait ses morts et professait des malédictions, et l'automne venant, ils se dispersèrent en quête d'un toit pour les jours durs à venir. Alors Ilwyn se sépara de ce qui lui restait, et put entrer au temple de Xélor, obtenant ainsi un logis et un couvert pour elle et son fils. C'est ainsi que débutait misérablement une jeune destinée à laquelle la fortune allait encore jouer bien des tours...


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Message par Emyn Muil le Dim 22 Jan - 4:08

I — UN VISITEUR INATTENDU




Le pays était légèrement vallonné. Peu de gens y vivaient, à part quelques bergers qui faisaient paître leurs bêtes dans les collines. Il y avait une vaste forêt qui s'étendait à l'ouest, et une unique route de terre qui traversait les terres incultes. Au bord de cette route, tout près de la forêt, se dressaient soudainement quelques modestes bâtisses de pierre, organisées autour d'un long bâtiment central. Écuries, dortoirs, réfectoire, cellier, atelier, appartements privés et une grande salle de culte ornée d'un autel : il s'agissait d'un temple dédié à Xélor — une maigre succursale, en fait, de celui du village d'Amakna. Les disciples de Xélor avaient trouvé ici un Désert âpre et silencieux, où ils pouvaient s'adonner au mieux à leur culte, comme le préconisait leur patron gardien du Feu Noir.

C'est ici que purent trouver refuge Ilwyn Muil et son fils Emyn, il y a cinq années de cela. En échange de ses derniers biens, Ilwyn put rejoindre le temple, et obtenir logis et couvert pour elle et son fils. Elle menait une vie monotone, dans une rigueur dévote qui devait l'aider à oublier la mort d'Emegeld. Les fastes d'Heolin semblaient si loin à celle qui ne vivait plus que pour la survie de son fils ! Lequel, Emyn, avait désormais douze hivers. De nature timide, calme et réservée, la vie au temple ne semblait guère lui déplaire. Il étudiait assidument ce que les maîtres voulaient bien lui enseigner, et aidait aux diverses tâches qui incombaient à la survie de la petite communauté. Emyn venait d'adopter, naturellement, le culte de Xélor. Peut-être aurait-il envisagé d'endosser la prêtrise à son tour, si la fortune ne lui avait pas réservé un autre destin.

Un jour de printemps, en effet, passa au temple un drôle de voyageur. Il n'y en avait habituellement guère, par-ici. Mais il arrivait que le temple offre le logis à l'un d'entre eux y faisant simplement étape. Or, notre voyageur n'était pas venu ici pour simplement profiter de l'hospitalité des clercs : il était ici en affaires. Tout vêtu de noir, montant une dragodinde sobrement ébène, élégant et discret, il se présenta au nom d'Ogier Danemarche. Il avait un juteux marché à proposer aux Xélors, qu'il présenta longuement, à grand renforts de formules détournées et évasives : chacun comprenait petit à petit que le mystérieux voyageur entendait profiter de l'éloignement des lieux pour faire quelques sensibles écarts à la loi du roi. Certes, toute cette affaire émut beaucoup les habitants du temple, mais ici n'est guère le lieu de s'y attarder.

Après un souper en compagnie des Xélors, Ogier Danemarche avait rejoint les appartements qu'on lui avait attribué, laissant à ses hôtes une longue nuit pour réfléchir à ses propositions. Or, quelle ne fut sa surprise lorsqu'au matin, il s'aperçut que sa montre en argent avait disparu ! Gardant son calme, il fit part de la disparition de l'objet aux maîtres du temple, lesquels ne pouvant tolérer qu'un si grave soupçon pèse sur l'honneur de l'établissement mobilisèrent toutes leurs forces pour le retrouver. Finalement, à la surprise générale, on trouva la montre dans les affaires d'Emyn, qui avoua non sans mal l'avoir dérobée ! Lorsque le visiteur l'apprit, il demanda à voir l'enfant.

« Excusez-moi monsieur, bafouilla honteusement le jeune Xélor lorsqu'on le présenta, devant toute l'assemblée courroucée, à Ogier Danemarche. Vous savez, nous vivons pauvrement et ma mère est si triste... »

Le voyageur, peut-être compatissant, interrompit les pénibles aveux du jeune Emyn : « Qu'importe ! Ce n'est rien. Mais dis-moi petit, comment t'y es-tu pris ? J'avais ma montre dans la poche de mon manteau lorsque je me suis couché, et j'avais pris soin de verrouiller à clé la chambre, alors que les fenêtres en étaient fermées. »

Gêné, le Xélor hésitait à répondre. Mais le maître Vilgard le somma : « Alors ? Qu'attends-tu ? Vas-tu t'expliquer à notre cher visiteur, crapule ? » Alors Emyn répondit franchement : « J'avais remarqué votre montre à votre arrivée monsieur. Aussi, j'avais bu une potion de tabouflage pour me transformer en tabouret dans la chambre qu'on allait vous assigner, pendant que vous dîniez. J'ai profité que vous vous étiez absenté aux latrines durant la nuit pour retourner dans mes appartements. »

« Une potion de tabouflage ? La perplexité se lisait dans le visage de Vilgard. Où as-tu trouvé ça ? » « C'est moi qui l'ait fabriquée, maître » répondit Emyn. D'un coup d'un seul, l'assemblée se tenait coite, visiblement surprise. Alors Ogier prit la parole : « Tu as fabriquée une potion de tabouflage, à ton âge ? Enseigne-t-on l'alchimie aux jeunes disciples, ici ? » « Non guère » répondit Vilgard, dont la perplexité allait croissant. Le voyageur réfléchissait longuement en dévisageant le petit Xélor. « Intéressant..., dit-il finalement. Dis-moi, comment t'appelles-tu petit ? » « Je suis Emyn Muil. » répondit avec une certaine fierté l'intéressé.

Le silence envahit à nouveau la salle. Après avoir longuement pesé ses mots, Ogier le brisa en annonçant ce qui devait finir de surprendre la petite communauté : « Hé bien, Emyn Muil... Que dirais-tu de devenir apprenti alchimiste ? »


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Message par Emyn Muil le Lun 31 Juil - 2:42

II — NILREM L'ALCHIMISTE.


La séparation fut aussi brusque que douloureuse. Mais malgré son chagrin, la mère d'Emyn Muil savait quelle opportunité inattendue s'ouvrait pour son fils. Apprendre l'alchimie auprès d'un maître en l'art : voici une perspective d'avenir plus joyeuse que celle de rester ad vitam æternam cloîtré dans ce temple perdu et à peine prestigieux... Aussi, Ogier Danemarche eut la bonté de retarder son départ de deux jours pour permettre à la mère et au fils une séparation moins rude. Puis ce délai passé, toutes ses maigres affaires tassées dans un sac en toile, le petit Xélor fit ses adieux à sa mère et aux habitants du temple qui l'avait tant d'années accueilli, puis il grimpa sur la dragodinde de son heureux protecteur et fila à grande vitesse vers le Nord.

La chevauchée dura plusieurs semaines. Les deux voyageurs logèrent en maintes auberges, et chez les curieux et moins curieux amis de sire Danemarche qui se firent, pour lui, un temps hôtes — et lesquels profitant visiblement de l'occasion pour régler quelques affaires secrètes lors d'interminables conciliabules auxquels Emyn n'était pas tenu d'assister. Puis finalement, les deux compères passèrent les Montagnes des Craqueleurs et arrivèrent dans la province d'Astrub. Là, au pied des monts, ils quittèrent la grand-route et se rendirent à un minuscule village où se tassaient quelques coquettes chaumières entre les champs de citrouilles, les basses-cours à tofus et les enclos à bouftous. Sans s'arrêter, ils traversèrent la localité puis s'engouffrèrent dans un chemin tortueux à travers-bois qui grimpait une colline. Arrivés au sommet, les visiteurs purent contempler une élégante tour aux vieilles pierres prises d'assaut par les plantes grimpantes, sise au milieu d'un jardin délaissé aux plantes sauvages et au centre duquel trônait un puits peuplé d'araknes.

On aurait pu avoir de la peine à imaginer les lieux habités. Pourtant, à peine les voyageurs mirent-ils pied à terre qu'un grand et maigre personnage sortit de la tour. Il ne fallait qu'un simple coup d’œil pour supputer avoir rencontré là un drôle de bonhomme : un bonnet pointu pourpre orné d'étoiles stylisées dorées sur la tête, une robe de la même couleur en guise d'habit, et une longue barbe blanche terminée en pointe tombant d'un visage mince où siégeait un long nez pointu en étaient les principales caractéristiques physiques. L'homme, d'une voix toute musicale, s'exclama : « Oh, sire Danemarche ! Quelle curieuse surprise ! Que me vaut donc cette visite inattendue ? Ah, mais vous êtes accompagné ! Attendez, donnez-moi cette cape... Entrez donc, entrez donc ! Installez-vous dans le salon, je vais faire chauffer du thé... Ah, laissez votre dragodinde par-ici ! Elle tondra la pelouse, elle en a bien besoin... »

Emyn venait de rencontrer Nilrem l'alchimiste. C'était, de ce qu'il comprit, un vieil ami d'Ogier Danemarche auquel celui-ci devait beaucoup (et c'était visiblement réciproque). L'homme, plutôt âgé, vivait seul depuis un moment, et Ogier lui proposa de prendre Emyn comme nouvel apprenti. Nilrem, surpris par l'étrange nouvelle, en était toutefois enchanté. Il fit donc visiter les lieux au Xélor et lui désigna la chambre où il logerait (« il faudra juste faire un peu de ménage »). Il en profita pour raconter l'histoire de la tour : « elle avait été édifiée il y a bien longtemps, alors qu'Astrub était inquiète de ses relations incertaines avec le Sud et des évènements étranges qui se tramaient dans la forêt des Abrkanydes (en fait, l'avènement du célèbre Chêne Mou) ; la tour faisait partie d'un vaste dispositif défensif, mais faute d'argent et d'utilité, il a été abandonné : la plupart des bâtiments sont tombés en ruines, mais celui-ci est resté peu ou prou habité jusqu'à aujourd'hui... admirez donc ce bel art ! on faisait de belles choses à l'époque... ». Au sommet de l'édifice, on pouvait contempler une vaste région : au Nord-Est, la populeuse cité d'Astrub (à moins d'une heure à dos de dragodinde de la tour), au Sud, les Montagnes des Craqueleurs, et à l'Ouest, l'inquiétante forêt des Abraknydes... et bien sûr, entre la tour et ces destinations fameuses, l'anonyme et paisible campagne astrubéenne, avec ses champs, ses pâturages, ses bosquets, ses citrouilles, ses bouftous, ses paysans...

Ogier ne put rester guère longtemps chez l'alchimiste : c'était visiblement un homme fort affairé, et sa venue à Astrub était un contre-temps qui n'était pas prévu (mais qu'il comptait bien rentabiliser un jour pensait-il secrètement). Il en profita toutefois pour tenir avec son hôte le même genre de conciliabules mystérieux dont Emyn commençait à être habitué. Puis, finalement, il partit. Le Xélor se sentait un peu mélancolique, car il avait appris à apprécier la bonté et la simple élégance de sire Danemarche (était-il d'ascendance noble ?). Mais celui-ci le quitta toutefois sur ces mots : « Mon cher Emyn, nous aurons maintes fois l'occasion de nous revoir ! En attendant, je compte sur toi pour apprendre tout ce que le bon Nilrem a à t'enseigner. Et gare à toi, je le saurai si tu te comportes en ingrat apprenti ! Sur-ce, adieu ! ». Dès lors, sans plus attendre les leçons avec le maître alchimiste commencèrent, et le petit Xélor avait dans ses yeux les mêmes étoiles que celles cousues sur le chapeau de son nouveau protecteur.

Il se souvenait tout particulièrement de la toute première leçon, qui avait débuté approximativement ainsi :

« L'alchimie, voici un des nobles arts de notre monde ! Son objet d'étude n'est autre que la matière : il s'agit d'en comprendre l'essence, les propriétés, les mécanismes, et, surtout, les façons de les combiner pour obtenir des résultats divers et variés, et parfois proprement merveilleux. Longtemps, les alchimistes se sont surtout intéressés aux métaux. Mais nous avons depuis largement dépassé leurs maigres spéculations et étendu les domaines de l'alchimie à un panel infini de matière. »

« Il y a une première chose fondamentale à savoir : la matière est universelle, mais la nature l'a doté de caractéristiques aussi variées qu'elle s'exprime sous différentes formes. Aussi, chaque métal a ses propres propriétés, mais également chaque plante, chaque organe de chaque animal, chaque minéral et j'en passe... A peu près tout peut donc servir à faire de l'alchimie. »

« Il s'agit de savoir manipuler tous ces ingrédients, de comprendre la substance magique qu'ils recèlent, et qui resta bien longtemps inconnue aux observateurs. C'est un savoir colossal, complexe, dont la transmission est longue et passe, certes par l'apprentissage auprès d'un maître, mais aussi par la propre expérience de la matière. Aussi, il y a tant un savoir théorique à maîtriser qu'un savoir technique : apprendre à utiliser les instruments (alambics, fours, fioles...), connaître les espèces végétales, manipuler les ingrédients... »
« Chaque ingrédient est doté de propriétés propres, et qui sont dues à sa place au sein du Krosmoz. Les quatre éléments, naturellement, les imprègnent et confèrent à leur matière des propriétés particulières — ce qui nous rapproche de la forgemagie, dont il faudra connaître au moins les bases théoriques. Mais les astres jouent également leur rôle : chacun d'eux a ses significations particulières, et toute substance minérale ou organique est imprégné de leur influence selon des dispositions infinies. Pour faire simple, c'est comme si nous pouvions lire une carte du ciel dans la matière terrestre : celle-ci se décline en autant de représentations miniatures de l'ordre Krosmique céleste — le monde terrestre n'étant rien d'autre que cela. »

« Pour les métaux, c'est très simple puisqu'ils représentent tous un seul et unique astre : le soleil pour l'or, Mars pour le fer, Vénus pour le  cuivre etc... Pour les espèces organiques, c'est plus complexe. Il faut ici également tenir compte des signes du Doziak (ce qui rapproche également notre discipline de l'astrologie), qui sont tous patrons d'un type plus ou moins précis d'organes : le Bouftou pour les organes de la tête, la Bworkette pour les organes du ventre par exemple... Or, comme chacun sait, chaque signe est étroitement lié à un astre. Aussi, le Bouftou étant associé à Mars, les organes de la tête le sont également. »
« Tout ceci permet de "cartographier", si je puis dire, différentes combinaisons symboliques qui, pour chaque substance, lui confèrent des caractéristiques particulières. Pour la suite, il suffira pour l'alchimiste de connaître toutes les propriétés de chaque ingrédient et de savoir comment les manipuler pour fabriquer des essences nouvelles aux propriétés nouvelles — des potions, la plupart du temps, mais pas que ! »

« L'alchimie poursuit des buts concrets extrêmement variés : les potions peuvent servir à bien des choses ! Il faudra avant tout s'armer d'une connaissance solide des plantes, car celles-ci sont, pour des raisons que les alchimistes ignorent encore, dotées d'une essence spécifique qui les rendent particulièrement puissantes. Il ne s'agit sans doute de rien d'autre que l'essence de vie qui parcourt chaque fleur, chaque feuille... Quant à savoir quelle est la nature exacte de l'essence vitale, c'est un mystère encore entier ! »

Emyn Muil buvait ses paroles. En vérité, comme n'allait pas tarder à l'apprendre son maître, il savait déjà à peu près tout ça : il était depuis peu le nouvel apprenti de l'alchimiste d'Heolin lorsque le château brûla, et il avait donc pu acquérir quelques connaissances qu'il avait, en secret, tenté d'approfondir comme il le pouvait au temple.

C'est donc ainsi que commença pour le petit Xélor un long apprentissage, et avec lui, un temps heureux.
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